Dans "Aux Heures du Crépuscule, Je T'Écris", Ahmed Belhamr ne compose pas de simples vers ; il dresse la cartographie d'une absence qui a pris corps. Ce recueil est une descente vertigineuse dans l'anatomie du manque, là où le "Moi" et le "Lui" se livrent un duel silencieux sur les échiquiers du néant.
Ici, la logique ordinaire s'effondre pour laisser place à une réalité autre, presque terrifiante de lucidité : les ombres demandent la permission de partir , les pierres prennent la parole quand les lèvres se scellent , et le temps ne se mesure plus en heures, mais en brûlures. Belhamr écrit comme on incise une plaie pour s'assurer que le sang circule encore, transformant l'écriture en une addiction vitale, un poison nécessaire.
À travers une langue qui oscille entre la confession mystique et le délire lucide, le poète nous invite à visiter ses "lieux secrets", ces étagères de la mémoire où s'entassent les fossiles d'un amour révolu. C'est une ?uvre hantée, où le lecteur devient le témoin involontaire d'un procès sans verdict, d'une attente sans fin, et d'une résurrection qui n'aura lieu que dans l'encre.
Une poésie de la rupture radicale, où l'on marche sur sa propre ombre pour apprendre à exister seul.